Istanbul


Istanbul, préfecture de la province éponyme, est la plus grande ville de Turquie avec 11 322 000 habitants (bureau du recensement, 2005). Située à cheval sur l'Europe et l'Asie, de part et d'autre du détroit du Bosphore, elle est généralement considérée comme européenne. Elle est au centre de l'une des plus grandes agglomérations du continent et constitue le principal pôle économique du pays.
La ville appartint tour à tour à la Grèce antique, à l'Empire romain, à l'Empire byzantin, à l'Empire ottoman, puis, à la chute de celui-ci, à la Turquie. Les anciens noms de la ville, Byzance puis Constantinople, témoignent de cette histoire.
Les habitants de Byzance étaient les Byzantins et ceux de Constantinople les Constantinopolitains.
Les habitants d'Istanbul sont les Stambouliotes.


Diverses hypothèses existent quant à l'origine du mot Istanbul. La première en fait une déformation des mots grecs et Eis tan Poli(n), ce qui veut dire " vers (ou dans) la Ville " - Constantinople est l'archétype de la ville, celle dont on ne donne pas le nom, qu'on ne désigne que par ce nom, La Ville. Une autre suggère que le nom proviendrait de la contraction turque du grec Constantinoupolis, à laquelle aurait été ajoutée la voyelle de liaison i, de la même manière que Smyrne est devenu Izmir et Nicée (du latin Nicaea) Iznik. L'intermédiaire Stamboul était d'usage courant au XIXe siècle, comme l'atteste le gentilé stambouliote.
Il est à noter que les Arméniens de Turquie appellent Istanbul " Bolis ", et les Grecs de Turquie, " Polis ".


Histoire:


Elle fut fondée par l'empereur romain Constantin Ier sur le site de l'ancienne colonie grecque Byzantium et nommée Constantinople en son honneur (ce n'est que le 28 mars 1930 que le nom d'Istanbul devint officiel). La ville devint la capitale orientale de l'Empire romain et plus tard celle de l'Empire byzantin. Après la chute de Constantinople en 1453, elle fut incorporée à l'Empire ottoman par Mehmet II le Conquérant et en devint la nouvelle capitale, jusqu'alors Edirne (Andrinople) en Thrace.
Sous Mehmet II, Constantinople resta la capitale du monde orthodoxe et devint plus tard le siège du califat.
En 1492, Constantinople accueillit de nombreux juifs chassés d'Espagne par Isabelle la Catholique.
La nuit du 24 avril 1915, durant laquelle cinq-cents intellectuels arméniens furent arrêtés à Istanbul, marque le début du génocide arménien et de la quasi-disparition des minorités chrétiennes de l'Empire ottoman. Cette date est commémorée chaque année en mémoire des 1 500 000 victimes.


Situation
:

Istanbul, le Bosphore et la Mer noire, vus du ciel


La vieille ville est située sur le détroit du Bosphore qui sépare l'Asie de l'Europe, et relie la mer Noire à la mer de Marmara. De nos jours la ville moderne est beaucoup plus grande et couvre à la fois les côtés asiatique et européen du Bosphore.

Sismicité:


La ville d'Istanbul se situe tout près de la faille nord-anatolienne. Celle-ci est une faille active qui a déjà produit plusieurs séismes très destructeurs à l'époque contemporaine. L'étude de la séismogénèse locale laisse craindre avec une forte probabilité qu'un séisme important frappe Istanbul au cours des prochaines décennies. De plus, en raison de la situation de la ville au bord de la mer, un tsunami meurtrier est à craindre. [1] Par ailleurs, la difficulté de faire appliquer des règles de construction parasismiques en Turquie fait penser que la plupart des habitations, notamment celles des quartiers populaires, ne résisteront pas.

Économie:


Bien qu'Istanbul ait perdu le statut de capitale de la Turquie au profit d'Ankara en 1923, elle n'en reste pas moins la ville majeure de Turquie sur le plan économique, industriel et culturel, et le plus important centre d'import-export.

Principaux monuments d'Istanbul:


Sainte-Sophie (Ayasofya)

L'église Hagia Sophia est souvent appelée à tort Sainte-Sophie : les deux signifient Sainte Sagesse, mais une confusion est possible avec le prénom Sophie avec la deuxième dénomination. Elle fut construite par les architectes Anthemius de Tralles et Isidore de Milet, à la demande de l'empereur Byzantin Justinien Ier, pour remplacer l'ancienne basilique qui avait été incendiée en 532.
Depuis son ouverture en 537, elle fut l'objet de nombreuses réparations dont la principale, effectuée par l'architecte Sinan, permit de sauvegarder le dôme. Elle fut transformée en mosquée, à la suite de la prise de Constantinople en 1453. Quatre minarets furent ajoutés sous le règne de différents sultans. Atatürk la fit transformer en musée en 1934.
La construction, célèbre pour ses mosaïques à fond d'or, est couverte d'une coupole à 40 côtés ayant un diamètre interne de 30,80-31,88 m. et une hauteur de 55,60 m. Cette hauteur sous coupole resta inégalée jusqu'aux constructions en acier et béton de l'époque moderne. Le bâtiment est soutenu par 107 colonnes dont 40 se trouvent en bas et 67 à l'étage supérieur.
La mosquée Bleue (Sultanahmet camii)
Cette mosquée fut, jusqu'à la fin du XXe siècle, la seule de Turquie a être entourée de six minarets. Elle fut construite par l'architecte Sedefkâr Mehmet Aga sous le règne du Sultan Ahmet Ier entre les années 1609 et 1616.
L'intérieur de la mosquée, qui encadre une cour de 64×72 m, est éclairée par 260 fenêtres. Ce sont ses nombreuses faïences de couleur bleue, verte et blanche qui lui ont valu le nom de " Mosquée bleue " en Europe. Quant aux calligraphies, elles sont l'œuvre de Seyyid Kasim Gubarî, originaire de Diyarbakir.
Le palais de Topkapi (Topkapi sarayi)
Ce palais fut le centre administratif de l'Empire ottoman après la chute de Constantinople. Il est situé au bord de la vieille ville d'Istanbul, avec une vue à la fois sur la mer de Marmara et sur le Bosphore. Sa construction commença sous le règne de Mehmet II le conquérant, et des ajouts y furent faits jusqu'au XIXe siècle où les sultans ottomans lui préférèrent le palais de Yildiz. C'est aujourd'hui un musée.
Le palais de Dolmabahçe (Dolmabahçe sarayi)
" Dolmabahçe " était à l'origine une baie sur le Bosphore qui fut comblée petit à petit à partir du XVIIe siècle pour devenir par la suite un jardin des plus appréciés par les sultans ottomans, d'où son nom turc Dolmabahçe, dolma signifiant " rempli " et bahçe " jardin "
Différentes résidences d'été y furent construites au cours de l'histoire, mais le palais de Dolmabahçe proprement dit fut construit en 1856 sous le règne du sultan Abdülmecid, à l'emplacement de l'ancien palais côtier de Besiktas. Le palais se compose de trois parties, respectivement le Mabeyn-i Hümâyûn (salon réservé aux hommes), le Muayede Salonu (Le salon des cérémonies) et le Harem-i Hümâyûn (les appartements de la famille du Sultan). On trouve dans le bâtiment 285 chambres, 46 salons, 6 hammams et 68 toilettes, pour une surface utilisable de 45 000 m².
Le Grand Bazar (kapali çarsi)
Dédale de couloirs couverts dont toutes les allées sont bordées de boutiques, le bazar était autrefois le marché typique turc. Aujourd'hui, les boutiques sont devenues plus touristiques, mais l'architecture et le côté pittoresque du lieu justifient très largement sa visite. En outre, étant couvert, le bazar offre l'avantage de rester toujours à une température plus douce que l'extérieur, et est donc un lieu d'autant plus agréable à visiter les jours de canicule.
La tour de Galata (Galata kulesi)
La tour de Galata, située au sud de Taksim, offre une vue panoramique d'Istanbul et de la Corne d'Or, ce qui en fait un lieu à ne pas manquer quand on se promène dans les environs.

ISTANBUL
Principale ville de la Turquie, Istanbul est l’héritière d’une vieille cité au passé prestigieux. En T 658 ou T 657, des colons grecs originaires de Mégare s’établirent dans ce site privilégié de péninsule rocheuse, vers 100-120 mètres d’altitude, entre la Marmara et la profonde ria de la Corne d’Or, face au débouché du Bosphore dans la Marmara. La ville vécut de son rôle d’escale et de carrefour des routes maritimes provenant de la mer Noire. Mais, isolée aux confins septentrionaux du monde grec, au milieu de voisins à demi barbares, la colonie des Mégariens végétait assez médiocrement. L’Empire romain, réunissant les Balkans et l’Asie Mineure, assurant la sécurité des relations commerciales, permit la mise en valeur des extraordinaires virtualités d’une situation commandant le passage d’Europe en Asie. Cette fonction économique et stratégique s’exprime, dès la fin du IIe siècle, dans l’importante extension de la ville que concrétise la nouvelle enceinte de Septime Sévère. Elle explique la décision de Constantin qui, en 324, y fixe le siège de l’Empire : une organisation et un contrôle rapide des passages d’armées d’un continent à l’autre se révélaient essentiels face aux deux dangers, également pressants, de l’Empire perse et des Barbares d’Europe. Rebaptisée Constantinople, la ville fut enserrée dans une nouvelle muraille qui en quintupla la superficie. Celle-ci fut encore doublée en 413 par l’enceinte de Théodose II, qui reste pour l’essentiel actuellement visible. Capitale de l’Empire byzantin pendant plus d’un millénaire, la ville s’agrandit alors au nord de la Corne d’Or, où se développèrent les faubourgs de Galata et de Péra, occupés par les commerçants génois dès le XIIe siècle.
Presque dépeuplée lorsque les Turcs s’en emparèrent en 1453, la ville fut systématiquement recolonisée par des apports en provenance de tout l’Empire et comptait 600 000 habitants dès le milieu du XVIe siècle. Elle reçoit un nouveau nom, Istanbul, du grec eis tên polin (dans la ville), réponse des Grecs aux nouveaux arrivants qui demandaient où ils se trouvaient. Lors du repeuplement, le plan se transforme par l’invasion anarchique de maisons de bois à un étage du type des maisons rurales nord-anatoliennes ; elles prolifèrent en désordre et donnent à la ville un aspect de gigantesque campement où subsistent, seuls, les principaux repères de la charpente urbaine antérieure et où s’efface la trame des rues byzantines. À partir du milieu du XIXe siècle, le mouvement s’inverse et une influence progressive de l’Occident s’amorce : des quartiers neufs réguliers apparaissent, en particulier à l’occasion des gigantesques incendies qui ravagent périodiquement de vastes espaces, recolonisés alors selon des plans systématiques. À partir de 1950, de larges percées viendront aérer la ville, où espaces à plan régularisé et espaces désordonnés s’équilibrent à peu près au sud de la Corne d’Or. Mais, au nord de celle-ci s’est développée, par-delà l’ancien faubourg génois, une ville nouvelle, d’aspect spécifiquement européen : de hauts immeubles, des rues étroites et régulières regroupent les ambassades, les quartiers d’affaires et les sièges des sociétés franques et levantines qui dominent l’activité économique dans les derniers temps de l’Empire ottoman ; la ville moderne reste longtemps à majorité chrétienne et les musulmans ne s’y installent que timidement à la fin du XIXe siècle. La rive d’Asie, où se trouve le quartier traditionnel d’Üsküdar (Scutari), est reliée par deux ponts suspendus à Istanbul.
Dans cette ville typiquement polynucléaire, deux structures indépendantes s’opposent fortement de part et d’autre de la Corne d’Or. Au sud, l’immense quartier du Bazar concentre commerce et artisanat traditionnels, tandis que les quartiers d’affaires modernes s’étendent au nord de la Corne d’Or, à Beyoglu ; sur la côte d’Asie, les banlieues résidentielles s’y ajoutent. Le port est également dissocié, tout au long du front de mer de Galata et au nord de la péninsule de la vieille ville. L’industrie reste très dispersée, à l’extérieur des murailles ou le long des rives de la Corne d’Or.
Les fonctions économiques, commerciales et industrielles constituent la base de l’activité d’Istanbul. Son port, avec son annexe d’Izmit, est le premier du pays (trafic de 29 millions de tonnes en 1989). La fonction de redistribution des produits importés s’avère capitale, et la plupart des organismes de liaison entre la Turquie et l’extérieur sont localisés dans la ville. Istanbul est, de très loin, le premier centre industriel de la Turquie, avec une gamme très variée d’industries de consommation. Déchue de sa fonction politique depuis la fin de l’Empire ottoman, la ville a néanmoins gardé un rôle culturel essentiel : centre universitaire, centre de presse et centre d’édition.
Istanbul comptait sans doute 1 150 000 habitants au début du XXe siècle. La perte des fonctions de capitale et l’exode d’une grande partie des populations étrangères ramenèrent ce chiffre à 690 000 au recensement de 1927.
La permanence et le développement des fonctions économiques permirent la reprise d’une croissance très rapide : 740 000 habitants en 1935, 850 000 en 1945, 900 000 en 1950, 1 460 000 en 1963, 2 535 000 en 1975 et 6 620 000 en 1990. Son rayon d’attraction s’étend sur la quasi-totalité du pays. Alors que la ville du milieu du XXe siècle était au large dans un tissu urbain devenu lâche, des ceintures de bidonvilles sont apparues à partir des années 1960. Cette population s’est en outre homogénéisée rapidement : musulmane pour 40 à 45 p. 100 au début du XXe siècle, elle l’est devenue quasi entièrement, avec de très faibles composantes grecque, arménienne ou israélite (de nationalité turque).